Un nouveau démarrage de la Bibliothèque et de son blog

Vedette

Nouveau départ

Nous sommes en début d’année scolaire et nous disposons, cette fois, d’une connexion à Internet qui est fonctionnelle. Et en très haut débit, ce qui est plus que confortable.
Nous sommes bien obligés, n’est-ce pas ? de prendre un nouveau départ. Nous nous laissons faire, d’autant plus qu’en dépit d’un léger frémissement, l’an dernier, la bibliothèque semble chercher son souffle depuis qu’elle est installée dans ses nouveaux locaux.Voici ce que nous écrivions, il y a un an,et si la situation s’est un peu améliorée, le constat reste à peu près valable.

Convaincus que la situation doit et peut s’améliorer, les sept bénévoles de la Bibliothèque sont heureux de pouvoir vous annoncer deux nouveautés que nous vous présentons dans l’affiche ci-dessous

affiche septembre 2012

Afin de ne pas vous laisser sur des impressions trop moroses (on peut vous assurer que nous ne le sommes plus !), nous joignons à ce billet des liens avec deux articles qui avaient été placés en 2011, mais dans le plus grand secret ! Un article qui fait l’historique de la Bibliothèque et un autre plus ludique qui vous raconte une histoire d’ânes où chacun pourra reconnaître les siens.

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La vie de la Bibliothèque

Deux à trois fois par trimestre, la Bibliothèque Départementale de Prêt de l’Ardèche passe au village sous la forme d’une   navette qui apporte à Chassiers les « réservations » disponibles.


Il est donc tout à fait possible de réserver un document qui vous intéresse. Pour cela, il n’est pas indispensable (mais c’est mieux!) de passer à la bibliothèque : il suffit de téléphoner votre commande à l’équipe de bénévoles qui se chargera de vérifier que le catalogue de la Bibliothèque Départementale comporte bien votre document et de passer la commande. Bien entendu, il se pourra que ce document soit déjà dans une bibliothèque du réseau et qu’il ne soit donc pas immédiatement disponible. Si vous nous laissez vos coordonnées, nous pourrons vous préciser par mail ce qu’il en est. Notre adresse électronique : bibalchas@free.fr

Nous vous rappelons aussi que, deux fois par an, le bibliobus passe au village et que vous êtes invité(e)s à vous y rendre pour nous aider à choisir le fonds que la BDP (Bibliothèque Départementale de Prêt) peut nous laisser en dépôt : romans, poémes, documentaires, livres et albums pour enfants, BD et aussi CD et DVD… Plus les goûts et les intérêts de ceux qui choisissent sont nombreux, plus libre sera le choix que nous offrirons.

Le prochain passage de la navette est prévu pour le 16 octobre : par prudence, il convient donc de passer vos commandes avant le 10. Ensuite ce devrait être le 27 novembre.

Voici la liste des ouvrages actuellement réservés pour Chassiers :

réservations aréservation b

(cliquer sur les vignettes pour les rendre plus lisibles)

Lire-à-Chassiers

Bon! On tente le coup?

Il faut le reconnaître : la Bibliothèque Municipale de Chassiers va mal. En dehors des enfants de l’école – plus ou moins captifs des exigences scolaires – la fréquentation est en diminution. On peut évaluer à deux douzaines de personnes les lecteurs et les lectrices qui prennent régulièrement livres, cd ou documents. C’est suffisant pour donner envie de continuer. C’est insuffisant pour être assurés de l’avenir.

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La diminution est particulièrement inquiétante. Bien entendu, chaque bénévole (nous sommes sept) a sa petite idée sur les causes du déclin : la bibliothèque n’est pas assez souvent ouverte? alors, au lundi après-midi, on ajoute le samedi matin. Sans aucun effet.


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Les commandes de livres à la Bibliothèque Départementale de Prêt (BDP) manquent de souplesse car le bibliobus ne passe pas assez souvent ? La BDP aménage son va-et-vient par des navettes bi-trimestrielles. Aucun effet, bien que les bénévoles apprécient.


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La bibliothèque n’est pas vraiment médiathèque, alors que le multimedia séduit plus que le livre ? La Municipalité et le Syndicat des Inforoutes de l’Ardèche installent deux ordinateurs et la Bibliothèque commence à s’équiper en cd et en dvd : aucun effet, ce que ne suffisent pas à justifier l’inconfort et l’inefficacité du branchement internet des ordinateurs…


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Les documents choisis sont trop « intellos » et découragent la clientèle éventuelle ? Nous sommes sept, d’âge, de préoccupations, de formation très variés et toute personne présente au village quand le bibliobus y stationne (c’est annoncé par affiches) peut ajouter ses choix aux nôtres. Rien n’y fait.


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La Bibliothèque était autrefois un lieu convivial où la sortie de l’école permettait de se rencontrer et d’échanger ; ce n’est plus le cas, maintenant ? Exact mais difficilement compréhensible car les nouveaux locaux se prêtent beaucoup mieux que les anciens à des conversations détendues.


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Avec ce site, qui prend la forme simplifiée d’un blog, nous essayons de faire plus et mieux connaître cette Bibliothèque. Son adresse va être communiquée à une liste de personnes dont les uns ou les autres nous avons l’adresse de courrier électronique. Si vous êtes dans ce cas et si vous ne voulez plus que nous vous sollicitions, faites-le nous savoir (sous forme de commentaire à ce blog ou de courrier électronique à bibalchas@free.fr ou de vive voix) et nous interromprons immédiatement le service.

Aux origines de la Bibliothèque de Chassiers

Un quart de siècle…

Nous empruntons ici un article paru en 2008 dans un blog voisin (et amical!) et qui permet d’avoir une idée un peu plus précise sur la Bibliothèque Municipale de Chassiers : elle a déjà son histoire…

En octobre 2007, la bibliothèque municipale s’est installée dans ses nouveaux locaux : au rez-de-chaussée de l’espace culturel (l’ancien presbytère). Cette fois, elle est à l’aise, même si certains usagers ont pu, sur le moment, regretter d’avoir dû quitter la salle de la crypte, sur la Place. La bibliothèque dispose maintenant de quatre pièces (plus une remise et des toilettes), faciles à éclairer et à chauffer et d’accès moins difficile qu’auparavant.

Il s’agit d’ailleurs moins d’un déménagement que d’un emménagement car le Budget communal a consacré plus de 3.000 euros pour que la salle d’accueil et les deux salles pour les enfants soient équipées confortablement, tandis que la Bibliothèque Départementale de Prêt a installé des étagères neuves et des bacs à livres.

Dans la salle daccueil

Dans la salle d’accueil

Beaucoup d’entre nous ont sans doute oublié ou ignorent que cette bibibliothèque a commencé à fonctionner en 1984 et qu’elle en est à sa quatrième installation ! Elle a d’abord fonctionné en nomade (disons plutôt en transhumante…) puisqu’elle s’est identifiée, pendant deux ou trois ans, avec une « deudeuche » un peu rouille, un peu rouge et qui servait de bibliobus encore assez vaillant pour escalader le Mont Couquiol, les pentes de Coulens ou les escarpements de la Lende. C’était l’époque où, craignant sans doute que la couleur de la carrosserie ne déteigne sur le contenu des livres, certains élus n’avaient pas envie que la bibliothèque ne devînt municipale… Quand la « deudeuche » posait ses caisses quelque part c’était sous le hangar de la cour de l’école, le jour où la Castagnade tenait belote, pétanque et petits fours. Les dames bénévoles ne trouvaient d’ailleurs pas ça tellement désagréable…
Mais c’était aussi l’époque où la commune prenait conscience qu’elle avait changé et qu’une certaine fusion avait déjà eu lieu entre la population traditionnelle et les nouveaux arrivants s’accordant pour estimer que le choix de la culture permet de passer plus facilement de l’ancienne ruralité à la nouvelle. « Chassiers-Rencontres », « La Vie à Chassiers », « Chassiers-Musiques », »L’Amicale Laïque » autant d’associations qui se mirent à multiplier les stages de théâtre ou de musique au moment où le « Festival d’Orgues de Barbarie » prenait son essor… Tout cela jouait en faveur de la bibliothèque !

Quand la Bibliothèque Départementale de Prêt proposa d’installer un dépôt à Chassiers à la condition que la bibliothèque (gérée alors par la seule « Vie à Chassiers ») ait un local et devienne municipale, la « deudeuche » ne fut pas abandonnée (ni repeinte) mais la bibliothèque se vit proposer un local à côté de la salle des Jeunes. Et elle y fonctionna environ cinq ans.
salle des grands
Une petite quinzaine de mètres carrés et difficiles à chauffer ! Ce n’était pas Eldorado, mais les responsables de la bibliothèque firent d’autant moins la fine bouche qu’ils savaient que la commune se lançait alors dans des transformations bien plus importantes et qui allaient dans le même sens que la lecture : construction d’un nouveau bâtiment pour l’école communale et transfert de la Mairie depuis la crypte de la Place jusqu’au rez-de-chaussée du château de la Vernade. Ce transfert, en libérant la crypte, rendait possible son occupation pour la bibliothèque.

Et ce fut un enchantement ! Au moins en dehors des périodes froides… Car le même chauffage fonctionnait pour l’église et pour la bibliothèque, avec une chaudière au fioul qui rendait régulièrement l’âme ou alors envoyait un air chaud méchamment pulsé. Aussi, quand la précédente municipalité a proposé aux bénévoles de changer de lieu, il n’y a pas eu vraiment débat.
salle des romans adultes

Ce nouvel emménagement était d’autant plus nécessaire que, depuis quelques temps (disons deux ou trois ans), la Bibliothèque municipale souffre d’une certaine désaffection qu’elle ne peut combattre qu’en offrant au public des possibilités nouvelles, difficiles à mettre en pratique dans l’ancien local. Je citerai ici trois projets qui sont réalisables sans investissement ou à peu de frais.

1° Le plus coûteux consiste à installer dans la Bibliothèque un « point internet bibliothèque » (un pib selon les initiales !); chaperonné par le Département et sa Bibliothèque Départementale de Prêt. Il s’agit d’un ordinateur (à placer dans la salle d’accueil) qui permettrait à toute personne qui le désire d’apprendre – sous la houlette d’un bénévole un peu formé – à se servir des moteurs de recherche, chose que tout utilisateur accomplit spontanément mais de manière sauvage, souvent irritante et rarement efficace ! L’apprentissage sera gratuit mais un coup de mains pour assurer des permanences de bibliothèque ne sera jamais refusé!

2° Lire un livre est un enrichissement personnel, mais partager sa lecture ou son livre permet d’aller au delà. Un jeune couple, qui vient de s’installer sur la commune, suggère, par exemple, de petites soirées sans prétention au cours desquelles quelqu’un qui a aimé un livre le présente amicalement aux autres. De manière assez proche, il devrait être possible aussi de prêter momentanément tel ou tel livre à la bibliothèque pour qu’il circule.

3° La bibliothèque peut être aussi un lieu d’exposition. Actuellement, on peut y voir des photographies de Monsieur Marcel Perrrin qui a habité dans le quartier du Ranc. Outre la qualité des pièces exposées, on se rend compte que le fonctionnement de la bibliothèque et la viste de l’exposition ne se gênent pas. Au contraire.
affiche expo
J’espère que ces projets permettront de relancer la bibliothèque. Je suis en effet convaincu que nous avons tous besoin de ces lieux apaisants où il est plus facile qu’ailleurs de se rendre compte de notre chance d’habiter au creux d’une des niches encore vivables du système-monde.

photos Perrin


Et pour terminer, partons, avec Marcel Perrin, à Thines, vers 1950, avant que la Vierge Noire y soit dérobée…

vierge de thines

Un âne reste un âne…


Non, vous ne broutez pas dans les pâturages de l’erreur… Ce récit vous est bien présenté par la Bibliothèque Municipale de Chassiers pour inaugurer son carnet de bord. Il est emprunté, après modifications de détails, à une de ces histoires qui circulent sur la Toile et parfois encombrent votre messagerie : quand on y rencontre une perle, autant la signaler.

 

Un âne reste un âne

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village.

Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait.


Les villageois le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes qui restaient. Ils étaient particulièrement contents d’avoir su attendre un peu et d’avoir gagné trois fois plus que les collègues.

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Constatant qu’il n’en restait plus un seul, notre homme fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village. Juste avant de partir, il les assura qu’il avait confiance dans leur ingéniosité et qu’il savait qu’ils sauraient bien en trouver de nouveaux.

*

D’ailleurs, le lendemain, un autre homme se présenta avec tout un troupeau et le mit à la vente, à raison de 400 euros l’unité.. Les villageois ne s’étonnèrent pas que les nouveaux ânes ressemblent aux anciens : un âne reste un âne, n’est-ce pas ?


Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne, certains quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent. Emprunter fut d’ailleurs chose facile pour tout le monde. Le banquier de la ville voisine savait se montrer généreux.


Mais, la semaine s’écoula, puis une autre, puis un mois entier, sans que les villageois vissent revenir le premier homme. Le second non plus, d’ailleurs. Il fallut quand même envisager de commencer à rembourser les sommes empruntées. Pendant un mois encore, le banquier consentit, moyennant un intérêt augmenté, de leur prêter de quoi rembourser en attendant. Mais il finit par se fâcher et exiger le respect des échéances.

Heureusement, pensaient beaucoup de nos villageois, heureusement qu’ils avaient su prendre la précaution de racheter leurs ânes. Maintenant, ils pouvaient les vendre à nouveau pour respecter les échéances de leur crédit. Seulement, à la foire aux bestiaux de la ville voisine, l’offre d’ânes excéda de beaucoup la demande et le prix de l’âne s’effondra. Bien qu’un âne reste un âne, n’est-ce pas ? l’âne finit par se vendre pour une bouchée de pain.

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Alors les villageois finirent par ne plus vouloir vendre leurs ânes et acceptèrent le compromis proposé par le banquier : le banquier ferait saisir les ânes non plus pour une bouchée de pain, mais pour deux et, en échange, les villageois accepteraient de continuer à s’en occuper. Ils acceptèrent le compromis d’autant plus facilement qu’ils n’avaient pas le choix et que le banquier semblait vraiment peiné de leur situation.


D’ailleurs, sa peine en bandoulière, le banquier s’en alla pleurer chez le maire qu’il connaissait bien car il était son adjoint à la mairie et ils avaient négocié ensemble les emprunts de la commune. Il sut lui montrer qu’il était au bord de la ruine puisque les villageois n’étaient plus en mesure de le rembourser : il serait alors obligé de réclamer immédiatement à la commune les arriérés qu’elle lui devait. Ils s’effrayèrent ensemble et trouvèrent ensemble la solution à leur frayeur : la commune prendrait à son compte les dettes des particuliers. Certes, cette solution endetterait encore plus la commune, mais les électeurs seraient soulagés, au moins momentanément ; la commune, ses emprunts rajeunis et à taux variable, n’en paierait d’abord que les intérêts sans rembourser le capital et elle pourrait toujours, mais un peu plus tard, après les élections, augmenter les impôts locaux pour commencer à rembourser le dit capital. Et, merveille des merveilles, le banquier verrait sa trésorerie renflouée.


Seulement, un âne reste un âne et un banquier un banquier, n’est-ce pas ? Or, celui-ci, s’apercevant que la note de la commune était dégradée du fait de son surendettement, s’autorisa de l’avis autorisé des agences de notation pour augmenter les taux d’intérêt applicables aux emprunts de la commune. Le maire – sur les conseils du banquier – essaya bien de convaincre les bourgmestres des communes voisines de lui venir en aide, mais ils répondirent qu’ils se trouvaient tous dans une situation semblable à la sienne.

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Et, réunis dans un Groupement pour la Sauvegarde des Ânes du Pays, les maires de la Communauté, approuvés par leurs conseils, décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

Cette histoire se termine bien puisque le banquier et les deux escrocs du début (ils sont aux Bahamas, sous le nom des frères Fouquets) ont promis-juré de financer la future campagne électorale des maires du Groupement pour la Sauvegarde des Ânes du Pays.

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